Hi there
Je fais mon grand retour ici après une longue (très très très longue) absence. Je voulais aujourd'hui vous parler de la façon dont je vis mes intolérances alimentaires, vous montrer qu'on peut vivre ça comme une nouvelle expérience et comme quelque chose de très positif !
*
Junkfood et maux de ventre
Un petit point tout d’abord sur ma situation avant la
découverte de mes intolérances. Depuis que je suis toute petite, j’ai des
difficultés avec les fruits et les légumes. Je ne sais pas trop d’où ça vient,
mais c’est comme ça. Pendant très longtemps, je n’en ai mangé quasi aucun, n’en
admettant que certains et que sous certaines formes (soupes, compotes, et
smoothie, tout ce qui enlève cette horrible texture aux fruits et légumes, par
exemple). Malgré de nombreuses tentatives de la part de ma famille et
des dames de la cantine, rien n’y faisait. Je me nourrissais donc
essentiellement de féculent (majoritairement de pâtes), de viandes et des
produits laitiers, avec quelques gâteaux et pâtisseries de temps en temps. En
bref, pas ce qu’il y a de plus équilibré au monde. J’ai la chance (ou la
malchance, ça dépend des points de vue) comme je l'ai déjà dit, d’être plutôt très mince et de ne pas
prendre de poids malgré la malbouffe. Du coup, je ne me suis jamais remise en
question.
Puis sont venus les maux de ventre. Sans en être à me tordre
de douleur, cela devenait assez gênant pour qu’on s’en inquiète et que je
rencontre plusieurs spécialistes, avec pour seule conclusion « c’est le
stress ». Quelques années plus
tard, hasard des pérégrinations familiales, j’ai fait les tests sanguins pour
déceler les allergies et intolérances. Quelques jours plus tard est tombé le
bilan : intolérance forte aux œufs, au gluten et au lactose.
Difficultés et transformation
Il faut savoir que quand on est intolérant, à un certain
niveau, le seul moyen de faire baisser l’intolérance et d’en amenuiser les
conséquences, c’est de supprimer complétement la substance à laquelle on est intolérant pendant une période assez longue,
avant de (doucement) réintroduire. Le début de mon nouveau régime alimentaire a
été un peu compliqué. Je devais opérer un changement radical en supprimant ce
qui constituait en clair les ¾ de mon alimentation. Je suis donc allée faire un
tour au rayon diététique du supermarché le plus proche (c’était juste avant la
mise en place des rayons « sans » dans les magasins.) et j’ai essayé
de manger la même chose, mais en substituant les produits problématiques (par
exemple, des pâtes à la carbonara avec de la crème de soja et des pâtes sans
gluten). J’ai été, comme tout le monde, surprise par les prix élevés. La chance
que j’ai eu, en revanche, c’est que la plupart des produits sans gluten (les
biscuits par exemple) contiennent des œufs, ce qui a limité mes
dépenses. J’ai donc continué à manger mal, mais sans gluten, sans lait, et sans
œufs. N’ayant pas le temps de cuisiner à cause d’études très prenante, je ne
mangeais que rarement des pâtisseries, et souvent c’était ma mère qui les
confectionnait (et qui continue, ses cookies sont juste une tuerie.) J’ai tenu
comme ça pendant un peu moins de deux ans.
J’ai perdu un ou deux kilos, je les ai repris, bref pour ceux qui
s’imaginent que je fais ça en raison de mon poids, ça aurait été un peu foireux
comme technique.
En revanche, les autres effets sur mon corps ont été rapides
et surprenant : Plus de maux de ventre, moins d’acné, plus d’énergie, moins
de saute d’humeur, et surtout, un sommeil beaucoup plus réparateur. Chose
incroyable pour quelqu’un comme moi qui a toujours été plus ou moins
insomniaque. Bref, je ne suis pas
médecin mais il me semble difficile que tous ces changements interviennent
rapidement et simultanément grâce au hasard ou à un quelconque effet placebo.
Intolérance(s)
Mais ce qui est le plus difficile
à gérer pour ma part, c’est la réaction des gens. Si ma famille et mes amis proches ont été
parfaits (as usual), il n’en a pas toujours été de même avec mon entourage plus indirect. J’ai dû maintes
fois me justifier sur mon régime alimentaire, à cause de plusieurs types de
réaction :
- *
Les remarques sur mon poids. Oui parce que les
gens s’imaginent que je fais un régime pour perdre du poids. Donc je suppose que c’est pareil pour ceux qui
font un régime sans sel ou ceux qui sont allergiques aux crustacés hein. Du
coup, par facilité, j’ai parfois dit que j’étais allergique.
- *Les questions « pièges », de la part
de gens qui pensent que gluten = junkfood. « mais tu vois bien que tu manges du
gluten, vu que tu manges des frites ».
- *Ceux qui pensent que tu fais ça pour te
distinguer, te rendre intéressante, suivre un mode. Ceux là peuvent parfois
être les mêmes que les précédents.
- *
Les grands protecteurs des traditions « Quooa ?
un brownie sans gluten et vegan ? Mais ça n’a plus rien d’un brownie,
pourquoi lui donner ce nom ?? » et qui, eux, mangent des produits
industriels bourrés de conservateurs.
Petit message à ces personnes :
Si manger autrement n’est pas toujours facile, c’est surtout à cause de vous.
Au pire, si vous jugez qu’on se complique trop la vie et qu’on est des pigeons
du marketing, si vous refusez de voir le côté éthique ou médical de la chose,
libre à vous, mais partager votre opinion n’est pas nécessaire et ne changera
finalement pas grand-chose. Les intolérances alimentaires, selon leur
importance et les personnes qu’elles touchent, peuvent aboutir à des réactions
aussi variées que l’acné, les maux de ventre, la dépression, l’asthme ou encore
le cancer des intestins. Mais aussi, comme vous le constatez, à des débats, plus ou
moins stériles. J’ai bien conscience que bien souvent, les gens n’ont pas de
mauvaises intentions : Soit ils sont mal informés, soit ils sont heurtés
dans leur propre mode de vie, soit ils s’inquiètent réellement. Mais je ne vais
pas m’empoisonner parce que vous avez décidé que je suivais juste une mode.
Ouverture d’esprit et perspectives
Outre les résultats
plus que satisfaisants sur ma santé, les intolérances m’ont forcée à me
renseigner et à consommer autrement. De blogs en bouquins, de bouquins en
blogs, j’ai découvert que le mode de vie vegan (ou du moins végé) est moins
inaccessible que je ne le pensais, et surtout plein de perspectives. C’est l’opportunité
de découvrir de nouveaux produits, de nouvelles saveurs, de consommer
autrement, d’être en accord avec sa santé et surtout avec ses valeurs.
Contrairement à ce que l’on peut penser, ces régimes particuliers ne sont pas nécessairement
très chers. Oui, les farines adaptées et les aliments de remplacement sont
toujours un peu plus cher que les farines de base, mais on n’est pas obligé de
les utiliser à tout va. Les produits « sans » et « faux » sont surtout un bon moyen de transition, pour
celui qui, comme moi, doit changer de régime alimentaire du tout au tout assez
rapidement. Par exemple, certains nouveaux vegan vont avoir besoin de faux-mage
pour réussir à ne pas craquer, comme j’ai parfois besoin d’acheter des pâtes
sans gluten. Mais finalement, on apprend surtout à manger autrement, à faire
ses propres gâteaux, à trouver ses propres astuces. Alors bien sûr, ça prend un
peu plus de temps pour trouver les bonnes textures, les bons équilibres, mais
aujourd’hui je n’ai pas l’impression d’être privée de quelque chose et je
ressens assez rarement de la frustration face à un aliment. Plus généralement, cela
m’a fait me renseigner sur les produits d’entretient, sur les cosmétiques, sur
tout un tas de choses simples que l’on peut faire au quotidien avec des
produits naturels et souvent multi-usage, pour consommer moins et mieux.
Alors qu’en est-il
de moi aujourd’hui ? Je me suis progressivement mise aux légumineuses,
puis aux fruits, puis aux légumes. Si je ne mange toujours pas de tout (j’ai
encore du mal avec les légumes vert et tout ce qui est cru, problèmes de
synesthésies toujours pas résolus), je progresse dans ce sens petit à petit, en
camouflant un peu les aliments comme on le ferait avec un bébé. Je ne mange
quasiment plus de gluten, bien que mon seuil de tolérance aie bien baissé, je
ne mange plus d’œufs mais il m’arrive encore de consommer un peu de fromage. J’ai
aussi énormément diminué ma consommation de viande. Si à terme je souhaiterai
être vegan, je ne m’en sens pas encore capable et ce serait actuellement encore
un peu risqué pour mon équilibre. J’ai
aussi appris à prendre du recul sur ce qu’on veut nous faire croire comme étant
bon pour la santé. Vraiment, 3 produits laitiers par jour, pour des adultes ?
Vraiment, s’hydrater le visage avec de la pétrochimie ? De même, je ne
suis pas une anti-gluten radicale, par exemple, je m’interroge juste sur le
croisement intensif du blé, sur sa sélection et sa surconsommation. Il s’agit
de rester mesuré, de s’interroger sur ce qui objectivement ne peut pas être bon
pour nous, d’écouter son corps et de
rester en accord avec son éthique, sans se culpabiliser à l’extrême si ce n’est
pas toujours le cas. J’ai découvert
beaucoup de choses et je suis vraiment
ravie d’avoir eu ces quelques soucis sans lesquels je n’en serais, de toute
évidence, pas là.
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